La peur, comme un serpent venimeux s'est introduit en moi.
La tête me tourne. Je m'arrête.
Des frissons secouent mon corps. J'entend les grillons et les cigales chanter, la chaleur me pèse, j'ai chaud, dans mes baskets mes pieds bouillonnent.
J'enlève mon pull. Bien malgré moi, mes jambes se remettent en mouvement, et je marche, lentement, dans un état second qui me permet de ne pas paniquer.A force d'avancer, je débouche sur une des rives de l'étang, la température a chuté, je frissonne.
Je m'approche doucement de l'eau, elle est trouble tirant sur le vert, des bouts de feuillage flotte à sa surface.
Mon reflet se fond à celui des grands conifères, le silence est complet rompus par quelques oiseaux qui chantent quelque part là-haut dans les cimes.
J'aurais pus trouvé ce paysage, paisible, réconfortant, petit coin de verdure dans un monde de béton, malheureusement la peur est toujours présente au fond de moi prêt à se réveiller à tout moments.
Je longe la rive, je ne sais même pas où je vais, je sais juste qu'il faut que j'avance.
Bientôt je quitte le bord de l'eau pour m'enfoncer dans la forêt de sapins, à présent le froid est agressive, je remet mon pull.Je lève la tête, les arbres sont énormes et touffus. Très loin tout la haut je vois un trous de ciel bleu, qui m'appelle, une sortie intouchable.
l'obscurité est telle maintenant que je ne sais plus où je met les pieds.
Les arbres se resserrent peu à peu formant une muraille végétale.
Sans rien comprendre, je fais un pas.................... dans le vide.
"Ahhhhhhhhhhhhh!"Dans un réflexe j'essaye de me raccrocher à une branche. Sans aucun effet juste de laisser de la peau de ma paume de main.
Ma tête frappe lourdement le sol, suivi de mon corps qui tombe de toute sa masse sur mon poignet qui sous le poids se tord d'une manière bizarre.
"Aïïïï!!Putain!"Je reste un moment immobile en attendant que ma tête arrête de tournée mais mon poignet hurle de souffrance alors tant bien que mal je me redresse dans une position assise.
Je lève mes mains vers ma tête, elles me brûlent, la peau est rose comme si j'avais étais brûlée, un élan de douleur m'essaye, mon poignet, il a déjà gonflé.
« Non me dites pas qu'il est cassé!C'est pas le moment! »J'essaye de bouger, un gémissement sourd s'échappe de mes lèvres, mais je suis rassurée la douleurs n'est pas insupportable, elle commence déjà a diminué mon poignet n'est pas cassé.
Mais il prend vite une couleur violette et mes veines saillent.
A part ça je ne suis que douleur, mon jeans est taché de sang à la hauteur des genoux, une bosse se forme sur ma pauvre tête et des milliards de petites écorchures me recouvrent pratiquement tout le corps.
Je ne pensais pas qu'on pouvait avoir autant mal lors d'un rêve, enfin si s'en est un.
Je contemple l'endroit où je suis tombé, un trous, un trous comme ceux que creusent les chasseurs pour attraper leurs proies, sauf que là c'est moi !
Je lève les yeux vers le haut, la sortie se trouve à environs deux mètres au dessus de moi.« Suuuper, et comment je fais pour sortir moi? »Première tentative, mes pieds glissent le long des parois boueuse je retombe en bas.
Deuxième tentative, pas plus grandiose.
A la troisième tentative, regroupant mes force je me jette avec courage contre la parois, je tire sur mes poignet, pousse sur mes jambes, je souffle comme un taureau, un rideau de sueur perle dans mon dos. Je suis tout prêt de la sortie. Et d'un coup sous l'effort mon poignet blessé lâche, mon pied sous se déséquilibre dérape j'essaye de ma lancer vers le haut mais je tombe en arrière. Mon corps s'affale lourdement sur le fond.
Des larmes de découragement me montent aux yeux.
Je ne suis pas du genre à être pris d'une rage incontrôlée alors je reste la prostrée à pleurer.« Putain, mais qu'est qui se passe, qu'est-ce que je fous là?J'en ai trop marre je veux me réveiller! Merdeee ! Comment vous voulez que je sorte d'ici?Je suis une daube en sport, vous croyez vraiment que je peux remonter de ce putain de trous?J'en ais ras-le-bol!!!! »Je m'apaise, vidée de mes larmes.
Maintenant je fais quoi?
Je vais pas rester ici jusqu'à ce que je ressemble à un squelette.Tout d'un coup
la forêt change,
quelqu'un approche.
J'entends les branches craquer sous les pas.
Tout mon corps est tétanisé.
Je peux à peine respirer.
La peur ,vient de se réveiller et ondule dans mon corps.
J'attends, en alerte.
Les pas ne sont plus très loin.
Ils viennent par ici.
Plus que quelques secondes et ils seront là.
Le battement de mon c½ur s'accélère.
Maintenant j'entends un bruit de respiration, lent, posé.
Et une tête apparaît.C'est une femme.
Non, une fille, de mon age.
De longs cheveux flamboyants encerclent son visage.
D'immenses yeux vert me fixe sévèrement.
Je ne lis aucun étonnement sur son visage, elle savait que j'étais là.
Sans aucun mot elle me lance une corde et me hisse avec effort vers le haut.
Je me redresse et on se retrouve face à face.
Ses yeux incroyablement vert continuent à me scruter.
Une légère lueur de regret et de peur s'y lit mais elle disparaît aussitôt ne laissant plus rien paraître.
D'un signe du menton elle me somme d'avancer.
« Où on va? »Aucune réaction. D'un coup un flot de questions me vient à l'esprit:
« Tu t'appelles comment?Pourquoi toi tu es ici?Pourquoi il y a personne?Je suis dans un rêve c'est ça? ...»Encore aucune réaction mais d'un geste agacée elle me désigne la maison.
Je ne bouge pas
et la noie sous mes questions:
« Tu t'appelles comment?Pourquoi toi tu es ici?Pourquoi il y a personne?Je suis dans un rêve c'est ça? »Ses yeux s'assombrissent et elle me pousse violemment vers l'avant.
Je manque de tomber.
« Mais tu es folle pourquoi tu as fait ça? J'ai faillis.... »
Son regard tranchant me coupe ma question tout net.Comprenant que ce n'était pas vraiment le moment de discuter je me met en marche.